Voilà ! Mes vacances à Los Angeles se terminent et je prends mon vol retour pour Paris ce soir. Ce fût un voyage riche en couleurs, en émotions, en aventures et visites diverses et variées. Tout ceci n’aurait pu être possible s’il y a quelques années je ne m’étais pas dit « oui ! je peux le faire ! ». Faire quoi ? Sortir de ma zone de confort et « conduire hors les murs ».
Etre en vacances à Los Angeles, cela signifie conduire, conduire beaucoup même. Il y a un soi-disant métro quelque part mais honnêtement je n’en ai jamais vu une bouche, et la zone est si étendue que si l’on n’a pas de voiture, on ne visite rien. Et pour rouler à Los Angeles, il faut une certaine dose de courage et de confiance, je vous assure.
C’est de cela dont je veux vous parler aujourd’hui car s’il vous semble évident pour moi de conduire à L.A., je vous promets qu’il m’a fallu un peu de travail pour y arriver.
Quand on lit les articles de motivateurs en développement personnel qui ont bien réussi, on croit que lorsqu’ils parlent de « rêves à réaliser » c’est quelque chose comme eux ont réussi à faire, c’est-à-dire le grand succès, la notoriété, une reconnaissance parfois internationale, etc… On a vite fait d’être soit réellement inspiré en mettant son rêve à sa propre échelle et non à la leur, soit d’être totalement découragé et de laisser tomber pour continuer de mener une vie somme toute banale et pas si inconfortable.
Ici, tout ce que vous lirez, je l’estime à votre échelle. Parce que si j’ai réussi avec mes petits pas à réaliser quelques rêves, alors vous le pouvez aussi.
Yes you can ! c’est l’histoire d’Enrica qui, une fois divorcée, ne voulait pas sortir de Paris et sa banlieue en voiture avec ses enfants. Oui, oui, c’est de moi dont je parle, celle qui conduit sur des autoroutes à 8 voies !
Il y a quelques années, à l’époque où j’étais encore mariée et que les enfants étaient petits, nous passions certaines vacances en France et nous nous y rendions en voiture. 99,9 % du temps c’est monsieur qui conduisait. Ce qui m’arrangeait totalement car je préférais me laisser bercer même si j’avais constamment les yeux sur la route et que j’étais incapable de dormir et de le « laisser seul au volant » (contrôle, quand tu nous tiens !!).
Une fois séparée, j’ai été longtemps incapable de sortir de Paris en voiture avec les enfants. J’avais peur de l’accident, j’avais peur de blesser ou tuer les enfants, et moi avec, j’avais peur du jugement des autres s’il nous arrivait quelque chose, j’avais peur de partir seule et d’avoir cette Responsabilité, avec un grand R. J’avais une confiance en moi au niveau de zéro alors que j’avais 20 ans de permis de conduire derrière moi.
Alors la facilité a été de partir à l’étranger les premières années suivant ma séparation, et bien sûr en avion, histoire de ne pas avoir à faire de trajet en voiture…
Un jour j’ai trouvé cela pénalisant, et aussi un peu dommage, et j’ai dit stop. Ce fut une résolution de 1er janvier, de celle qu’en général personne ne tient. Mais c’était mon challenge à moi. Alors en avril je prends une petite location à Cabourg et je décide de commencer par ces 220 kms. Je ne vous décris pas le stress !!! J’en tremble encore. Mon grand avait 11 ans je crois, je l’installe avec moi devant pour qu’il fasse le copilote, et derrière, mon cadet et un ami du grand que nous avions décidé d’emmener avec nous. Car oui, tant qu’à faire et qu’à flipper de tuer ses gosses en voiture, autant pour la 1ere fois surélever le challenge et amener aussi le meilleur ami …. Je les avais bien briefés : pas de bazar, pas d’engueulade, pas de cris ; svp soyez sages et permettez à maman de faire ce premier voyage provincial dans la sérénité la plus absolue possible.
Challenge remporté, j’arrive en nage et tremblante de stress, à l’aller comme au retour, mais la mission est accomplie.
En décembre de la même année, je décide de ne pas lâcher en si bonne route (c’est le cas de le dire) et de partir à la montagne. Là ce n’est plus 220 kms mais environ 600 qui m’attendent, avec cols et virages montagneux, risque de pluie, de grêle et de neige, bref une folie !! Toujours pas très confiante, j’emmène avec nous une amie à moi et son fils, histoire de tenter cette aventure avec plus de soutien.
Je brave effectivement le vent, la pluie, la neige et la fatigue, oui la fatigue, car je croyais que mon amie m’aiderait à conduire un peu mais elle estima que je m’en sortais très bien et que je devais persévérer dans mon « dépassement de moi » (super, merci d’être venue !!). Là encore, aller-retour sain et sauf pour tout le monde … Good job Enrica ! Là je commence à me dire « tu peux le faire, alors lâche tes peurs ».
En si bon chemin, je décide d’un été suivant en France : retenter la montagne mais cette fois l’été, puis quelques jours en Ardèche. Et cette fois sans personne ! Aller, c’est parti. De toute façon si on meurt, je ne serai plus là pour entendre les commentaires ….
La météo étant totalement dégradée en montagne cette année-là, je prends une décision rapide pour descendre au soleil, je trouve une jolie bicoque dans un camping près d’Uzès et j’enquille de nouveaux kilomètres. De la, 8 jours plus tard, je remonte en Ardèche pour une semaine, pour ensuite terminer à Paris. Coût du circuit : environ 1500 kms en 3 étapes, seule avec les enfants.
C’est pas à pas qu’on y arrive. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. C’est en conduisant qu’on devient conducteur 🙂 .
Ne vous mettez pas de gros challenges d’un coup. Et fixez-vous des objectifs et des rêves à la hauteur de votre réalité, de vos besoins, des petits changements dont vous avez envie et dont vous serez fiers avec le recul.
Depuis, j’ai bien sûr monté la barre : j’ai accompagné la conduite du roadtrip avec mon ami aux Etats Unis en 2015 (je n’avais pas conduit aux USA depuis 1991), j’ai conduit seule à Chicago en 2016, et puis à Los Angeles en 2017, et puis au Mexique l’an dernier, et de nouveau à L.A. jusqu’à ce matin.
Tout cela, tout ce que je vis avec mes enfants, tous les endroits que je leur fais découvrir et qui leur donne le gout du voyage et de l’aventure, je n’aurai pas pu le faire sans dépasser ma 1ere peur et sans me lancer sur la route de Cabourg.
Tout ne tient qu’à une décision et un tout petit premier pas.
Et vous, qu’allez-vous accomplir demain ?
Ce qui est sûr, croyez-moi, c’est que vous pouvez le faire ! So, do it !!







