Levée depuis 4h30 car, jetlag oblige, je n’arrive plus à dormir, je suis déjà affairée à écrire puisqu’après les voyages c’est clairement ce qui me plait le plus.
Je me sens mitigée ce matin quant à mon humeur. J’ai à la fois le bourdon d’être rentrée des US et je suis en même temps contente d’être de retour à ma table pour écrire, ma jolie tasse de café devant moi, ma boite à stylos de toutes les couleurs et la possibilité d’entreprendre de nouveaux projets.
La difficulté ici c’est d’être dans l’instant présent.
Je réalise qu’en vacances je profitais de chaque instant sans penser au passé, sans penser au futur.
Chaque jour suffisait à être pleinement conscient du moment : vigilance extrême sur la route, admiration devant la beauté des lieux visités, extase devant les nouveautés et les curiosités rencontrées, avec des yeux et un cœur incontestablement ouverts et connectés à l’instant présent. Émerveillement permanent empêchant de s’interroger sur le passé (who cares? it’s over) et de s’inquiéter de demain (qui vivra verra …).
Là, ce matin, je sens que cet instant de grâce m’a quelque peu lâchée.
J’ai envie de rester connectée à « hier » c’est à dire à tout ce que je viens de vivre ces 15 derniers jours, et je n’ai absolument pas envie de me dire « who cares, it’s over ». Car oui, malheureusement, c’est fini !
Et puis parallèlement il m’est aussi impossible de ne pas penser à « demain », ou ne serait-ce qu’aux heures qui vont suivre, et déjà mon petit hamster est en route :
– faire la liste des courses car le frigo est vide
– aller faire les courses en question
– vider les valises
– lancer les machines de linge
– ranger les affaires non portées (oui, il y a toujours un tiers de la valise qui n’a servi à rien ! :-))
– prévoir d’aller « visiter » les parents
– vider le téléphone des centaines de photos prises, les trier, les classer, etc…
– appeler l’opérateur internet car en rentrant mon aîné m’a annoncé que le wifi déconne à plein tube (je confirme)
– etc, etc …
Bref, c’est encore la nuit, on approche à peine de l’aube, en tout cas dans ce fuseau horaire car à L.A. ils ne sont pas encore couchés et au Japon il sont à mi-journée, et mon présent ressemble à une grosse corvée !
Alors est-ce que la difficulté à être dans l’instant présent dans notre quotidien vient justement du fait que c’est du « quotidien » ???
Est-on incapable d’apprécier l’instant parce qu’on a lâché l’insouciance des vacances ou parce que notre quotidien ne ressemble pas à la vie qu’on aimerait ?
Probablement un peu des deux …
Alors comment apprécier ce que j’ai maintenant pour que la vie m’envoie encore plus de ce que j’aime ??
Faire de nouveaux projets pour que chaque petit pas quotidien conscient soit le garant d’un nouveau challenge réalisé à venir est déjà une belle option.
Et puis simplement focaliser sur ce quotidien qui comporte forcément des belles choses que notre subconscient a créées sinon nous ne les vivrions pas, sachant que nous sommes les créateurs de notre réalité matérialisée.
En ce qui me concerne j’ai déjà apprécié mon 1er vrai café matinal (pas de cafetière dans la maison à Los Angeles alors le café du matin c’était de la poudre instantanée … sacrilège pour mon sang italien !), la tranquillité des lieux et le plaisir d’être « chez moi », dans mon « cocon », dans l’univers que je me suis créé, d’utiliser la vaisselle que j’ai choisie et qui forcément me plait et me ravit… On est mercredi, aussi je vais pouvoir aller faire le marché et le plein de fruits et légumes frais ; J’ai la chance d’une météo clémente sur Paris les prochains jours alors le linge séchera vite et cette corvée sera rapidement une tache résolue ; et je vais aussi pouvoir enfin, après 15 jours de trafic effréné, ne pas prendre la voiture et tout faire à pieds dans mon quartier, saluer mes commerçants habituels, reconnecter à la « proximité » inexistante à L.A.
Je vais aussi prendre le temps de vous charger de nouvelles photos dans la section « voyage » et retrouver le plaisir de partager avec vous :-).
Je vais aussi pouvoir me reposer de mes vacances avant de reprendre le travail, et ça c’est un luxe inestimable !
Alors voilà, je vous souhaite une merveilleuse journée et, où que vous soyez, quoi que vous fassiez, ENJOY TODAY !








